Photographie de sports, photojournalisme et médias sociaux
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A priori oui c’est le rêve de beaucoup de photographes de pouvoir assister à ce genre d’événements.
Quand on lit un peu ce que les photographes qui y sont vraiment on se dit que ça doit toujours être super intéressant, mais une petite part du rêve s’en va quand même … car photographe aux Jeux Olympiques c’est tout sauf des vacances : c’est beaucoup d’heures de travail par jour (et peu d’heures de sommeil apparemment ;-) ), des conditions pas toujours idéales, un peu de vexation par-ci par-là, le manque d’informations correctes, …

Explications et petit résumé sur base d’infos trouvées sur les blogs de photographes qui couvrent les Jeux :
Pour certains événements aux JO, le nombre de photographes voulant couvrir cet événement est tellement important et les places en nombre limité qu’il faut un ticket spécial pour y accéder (valable à priori pour les autres journalistes). En soi rien de spécial il faut bien limiter le nombre d’une manière ou d’une autre. Pour la cérémonie d’ouverture par exemple il y avait quelques milliers de places dispo pour les journalistes.

Les journalistes sont plus ou moins regroupés par type de média (presse écrite et radio, tv, photogs, …) et normalement les photographes disposent d’emplacement bien choisis afin d’avoir une bonne vue sur la cérémonie (et en théorie avec des arrières plans corrects).
La place étant limitée et les candidats nombreux ça implique d’arriver à l’avance et de garder sa place …
Photo Mark REBILAS
photo Mark J REBILAS (source)

Certains photographes étaient aussi positionnés à coté / au dessus de spots servant à l’éclairage ce qui leur à permis de passer une soirée bien au chaud, tellement au chaud que Donald Miralle de Newsweek s’est permis un voyage vers les toilettes pour aller se rafraîchir dans l’évier et profiter de l’airco … (source)

Pour un photographe qui n’a pas eut de ticket pour le Nid d’oiseau, il faut donc trouver un autre point de vue. Vincent LAFORET a donc eut l’idée de photographier les feux d’artifice de la cérémonie d’ouverture depuis la Grande Muraille ce qui devrait permettre de faire de superbes images.
A 11 du matin, soit 12 heures avant le tir du feu d’artifice il décide de prendre le bus MB29 (bus spécial JO) qui fait la liaison vers la Grande Muraille. Après plus d’une 1/2 h de recherches en passant d’un volontaire à l’autre il apprends que le bus n’existe pas …
Plan B, trajet en voiture avec d’autres photographes pour arriver sans encombre à la Muraille, reste maintenant à trouver le meilleur emplacement. Durant des heures ils vont demander à la police, aux volontaires, aux responsables photo du site ou va se tirer les feu d’artifice et recevoir toutes sortes d’informations contradictoires (pas de feu d’artifice ou ça dure juste 8 secondes ou ça sera à l’est ou à l’ouest …). Vers 6 du soir ils pensent avoir trouvé ou cela va se passer et commencent à s’installer. Puis viennent d’autres problèmes comme le fait que la Muraille soit éteinte puis allumée / éteinte …
Au moment du tir qui va durer 16 secondes (et pas 8 comme annoncé ;) , la Grande Muraille est dans le noir seul un bâtiment est éclairé.
En résumé de longues heures de patience et désinformation pour au final faire 6 photos …
Détails et photos sur le Blog de Newsweek

Un autre cauchemar potentiel pour les photographes ce sont les photographes de “Pool”. Rien à voir avec une piscine, ce terme désigne les photographes des grandes agences de presse (AP, AFP, Getty, …). Comme ces agences fournissent un grand nombre de clients elles ont des places réservées et évidemment ce ne sont pas les moins bonnes. En soi il n’y a rien de spécial à cela, mais apparemment cette année cela a pris des dimensions plus importantes que les années précédentes.
Par exemple un photographe qui souhaite réaliser des photos depuis une fenêtre sous-marine du Water cube doit faire sa demande par écrit 24H à l’avance afin qu’elle soit approuvée.
Si elle est approuvée, le photographe a alors accès à l’emplacement 1H avant l’épreuve. Mais si à un moment donné un photographe du “pool” décide qu’il veut utiliser cette fenêtre il a le droit de chasser le photographe qui a fait la demande par écrit et de prendre sa place.

Underwater shot by Vincent LAFORET / Newsweek
Photo Vincent LAFORET / Newsweek – article source

La priorité des photographes de pool est valable pour les fenêtres sous marines, mais également pour tous les autres emplacements. Que les agences aient quelques avantages ça peut se concevoir, mais de la a avoir tous les droits … c’est nettement plus discutable.

Un autre problème avec les fenêtres sous-marines du Cube, c’est que le photographe ne voit pas ce qui se passe en haut, il n’a donc aucune indication sur le fait qu’un plongeur ou un nageur s’apprête a passer devant lui; comme il y a du réseau GSM en bas, des photographes se font envoyer l’information par SMS :-)

On a donc vu que pour certains événements les places sont rares et il faut la “garder” pour en avoir une bonne. Pour un événement comme la finale du 100 m hommes, comme la demande est élevée, certains photographes sont donc arrivé plus de 10h avant la finale afin d’avoir une bonne place et de mettre en place leurs remotes (appareils photos déclenches à distance, qui dans certains cas transmettent directement leurs images via réseau / wifi vers le PC de leur propriétaire).
Le problème avec les remotes c’est qu’il faut faire attention à ce qu’un photographe qui installe son matériel ne dérègle pas les appareils des autres.
Pour ce 100m on comptait plus de 100 remotes, des 2 cotés de la piste; avec des télés ou plutot des grands angles.



Photos Vincent LAFORET / Newsweek – source

Certains photographes ont eut plus de 5 heures a ‘tuer’ en attendant la finale du 100m prévue pour 22h30, ce qui leur a permis de blogger, éditer les photos de courses précédentes, … (source)

Toute cette attente et cette préparation pour une course de moins de 10 secondes et essayer d’obtenir une bonne photo de la star de la soirée.

Le temps de tout replier, d’éditer et transmettre les photos et de reprendre les bus pour rentrer à l’hôtel certains se sont retrouvés au lit vers 2 ou 3h du matin avec un réveil prévu quelques heures plus tard (5h45 du mat pour Vincent Laforet – source) pour immortaliser la réalisation du pari un peu fou de Michael PHELPS, remporter 8 médailles d’Or.
Le problème pour nos valeureux photographes c’est que outre le manque de sommeil depuis plusieurs jours, il n’y a pas de petit déjeuner disponible avant 7h du matin (merci l’organisation ;-) .
Tout ca pour de nouveau avoir une bonne place, espérer se trouver du coté où Phelps va se retourner pour montrer sa joie ou pour avoir une bonne vue sur le podium.

photo Donald Miralle
photo Donald Miralle – source

On parlait un peu plus haut du nombre de photographes pour le 100m, un photographe finlandais a eut la super idée de réaliser une photo panoramique du “Nid d’oiseau” depuis une tribune photo, c’est assez intéressant. Ca se passe ici.

Alors, photographe aux JO, un rêve ? à vous de juger. Une chose est certaine ça doit être intéressant et passionnant mais également frustrant et pénible par moment.
Et apparemment il n’y a pas de que les athlètes en compétition qui doivent être en forme, les photographes et autres médias ont également intérêt à être en forme pour tenir ces 15 jours marathon.

1 comment

November 17th, 2008

…et on remarque depuis un peu moins d’un an que les estrades de photographes sont de moins en moins blanches… dommage pour Canon qui a un peu été pris de cours. Un combat entre les deux grands fournisseurs, proportionnel au combat entre le photographe et sa chance de shooter le meilleur moment… au monde. Quel job quand même…

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