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Lundi normalement le programme prévoyait de s’occuper du nord, mais ici un planning est fait pour être chamboulé (en fonction des événements). Hier et aujourd’hui ont été consacrés au Liban sud.
Hier donc première percée vers le sud du Liban (au dela de SAida) qui a été la partie la plus concernée par la guerre. Rapidement on sait ou on mets les pieds, des affiches, étendards sont la pour l’indiquer.

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L’armée libanaise est présente en nombre, installée aux carrefours, mais il est rare de se faire arrêter / contrôler. De temps en temps on croise un véhicule de la FINUL et d’une ONG (déminage principalement); le reste des véhicules sont donc des libanais qui circulent en bus, taxi, voiture privée.
Les infrastructures routières ont été fortement endommagées lors du conflit, cela se voit encore aujourd’hui. Pour aller de Beyrouth à Tyr, la grande ville du sud a une 70aine de km, on est certainement dévié une dizaine de fois à cause des ponts / routes détruits. On quitte donc la pour en empruter une autre (dans le bon sens ou a l’envers tout dépend) et contourner l’obstacle.

Hier après midi, visite à l’hôpital Jabal Amel de Tyr, pour rencontrer des médecins qui s’occupent principalement des blessés par les bombes à sous munitions (BASM). Ils ont reçu plusieurs dizaines de patients depuis la fin de la guerre, la plupart souffrent de polytraumatismes et sont principalement touchés aux extrémités (mains, pieds), mais pour le moment il n’y a personne hospitalisé ici à cause des BASM.

Durant la guerre, l’hôpital a accueilli plus de 1000 blessés. Il accueillait également environ 200 réfugiés en permanence qu’ils essayaient de nourrir le mieux possible, pour ces réfugiés l’hôpital était souvent une halte avant de continuer leur exil vers le nord (Saida, Beyrouth).

L’hôpital a pu fonctionner a peu près normalement grâce à une certaine préparation (due à l’habitude …); dès les 1ers jours de la guerre, la cafétéria a été transformée pour stocker des médicaments. L’électricité n’a pas été un problème jusqu’à une dizaine de jours de la fin du conflit, à partir de ce moment la, l’hôpital a du utiliser ses générateurs.

Retour ce matin dans le sud. Comme il pleut tout le trafic est ralenti, les routes sont encore pires que d’habitude, les nids de poule (d’autruche ?) noyés dans la flotte ce qui fait qu’on ne les voit pas et qu’on explose une jante …
Passage à Qana, village bombardé par l’armée israélienne (comme d’autres villages) mais surtout le bombardement est considéré par certaines comme un crime de guerre car l’armée a bombardé un bâtiment ou s’étaient réfugiés des civils; bilan 29 tués principalement des enfants. Aujourd’hui le site du bombardement a été complètement nettoyé et les victimes ont été enterrées à proximité.

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L’après midi, nouveau passage l’hôpital pour rencontrer une victime de BASM. Hassan Ali, 17 ans du village de Tairdeppa (environ 50 min de Tyr) a été touché hier soir par des éclats semblant provenir d’une BASM alors qu’il marchait sur un chemin pour rejoindre des amis. Il se souvient vaguement de l’explosion mais pas de ce qui s’est passé après.
Il est blessé à la main droite et à l’épaule; il s’en tire relativement bien par rapport à d’autres victimes et devrait pouvoir quitter l’hôpital d’ici 2 jours.

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Ensuite rencontre avec une famille du village de Aitet. Ils ont quitté le village dès le 1er jour de la guerre. D’abord réfugiés à l’hopital de Tyr durant 11 jours, ils ont ensuite fui vers les montagnes. Le village a été relativement épargné, aucune victime civile a déplorer, les seules victimes sont 2 combattants du Hezbollah décédés.
Toutes les maisons ont eut leurs vitres soufflées. Mais tout doucement la vie reprends son cours.

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